Dimanche 22 juillet 2007 7 22 07 2007 14:01

DEUXIEME PARTIE

L’ACCOGNITIQUE :

ETUDE DE LA NATURE ET DE LA QUALITE DES ACCOINTANCES PHONIQUES DES MOTS DE DEUX OU PLUSIEURS LANGUES DESIGNANT

UNE ET même REALITE :

 

Note de Présentation Succincte

Revue, Corrigée et Augmentée

Par Romain Pierre MIENAHATA

Savant et Chercheur congolais

BRAZZAVILLE

JUILLET  1998

Tous droits réservés. B.C.D.A le 18-02-2002

 

Plus de 6.000 langues sont parlées sur la planète Terre. Cependant, en dépit de cette situation qui renforcent l’incompréhension mutuelle entre les peuples, l'on constate que pour une réalité quelconque à nommer, pour un sentiment quelconque à exprimer, les mots en usage dans deux ou plusieurs langues ont le même nombre de syllabes sonores (S.S.). C'est ainsi qu'il en ait, par exemple :

a) pour  le mot" demain":

·        Français : demain (2SS); Russe: зaвmpa (2SS) ; Lari : mbazi (2SS) ; Lingala : Lobi (2SS) ; Chinois : mingtian (2SS).

·        Anglais : tomorrow (3SS) ; Espagnol: manana (3SS).

 

b) pour  la désignation de l'insecte dit "le papillon" :

·        Français: le papillon (4SS); Anglais: the butterfly (4SS) ; Lari : kimbembemba (4SS) .

c) pour  les expressions : maison de campagne / je mange des cerises

·        Français : maison de campagne (5SS) / je mange des cerises (5SS)

·        Espagnol : casa de campo (5SS ) / como cerezas (5SS )

 

Ce fait qui montre l'existence de relations phoniques entre les mots de deux ou plusieurs langues qui désignent ou expriment une et même réa­lité, dès lors qu'il n'a pas encore été observé, nous a décidé de mener une étude systématique des différentes relations phoniques qui existent entre les mots de deux ou plusieurs langues dans la désignation/l'expres­sion d'une et même réalité. D'où le titre de l'étude dont nous présen­tons ici le résumé : Etude de la nature et de la qualité des accointances des mots de deux ou plusieurs langues désignant une et même réalité.

 

Cette étude introduit la connaissance d'un phénomène qui a toujours été là, mais jamais observé : d’où le qualificatif de " une introduction à l'accognitique, du latin accognitus, accointance : fréquentation, rapport (Larousse).

 

Ce nouveau concept "l'accognitique" montre "la prise de conscience d'un nouvel et singulier objet d'investigation échappant à toute analogie essentielle (...) avec l'objet des sciences existantes " (Régis Debray).

 

Les objectifs de l'étude, en fonction de l’objet de l'étude, sont la détermination de :

-         la nature et de la qualité des rapports phoniques entre les mots de deux ou plusieurs langues désignant une et même réalité ;

-         la structure et du rapport d'accognition (accointance phonique) pour la totalité d'une réalité, par exemple : le corps humain, les pronoms, etc.

 

-         la structure de la désignation d’une réalité quelconque pour l'ens­emble des langues parlées sur la planète terre ou structure plané­taire de la désignation d'une réalité ;

 

afin de"grouper des faits communs aux langues diverses (et) atteindre derrière la réalité linguistique l'esprit dont (elles sont) sorties" (Jules Vendryes). Car l'on note des faits étonnants tels que les peu­ples dits arriérés désignent avec le même rapport phonique les objets inventés en Europe, comme si un même esprit instruisait et le peuple inventeur et le peuple consommateur; pour exemple nous avons :

 

-         Français : le fusil (3SS)             -          Lingala : mundoki (3SS)

Anglais : the rifle (2SS)           -            Lari :        buta (2SS)

-         Espagnol : los platos (3SS) ; Lari : zindonga (3SS) ; Lingala : basani (3SS).

 

Pour atteindre ces objectifs nous avons adopté :

-         une méthode : la méthode comparative, substitut de l'expérimentation en sciences sociales;

-         une notion du "mot" : celle définie par Aurélien Sauvageot :

·        est mot ce qui s'écrit d'un seul tenant;

·        est mot un ensemble de formes associées en une sorte de système plus ou moins complexe (voir, vu, vois, voit, etc.) ;

-         un niveau d'analyse : le plan synchronique où les phénomènes linguis­tiques sont étudiés par rapport au moment où l'on parle ( sans vouloir" abandonner le plan diachronique) ;

-         un cas de déclinaison: le cas nominatif, cas de déclinaison qui correspond à la fonction de ­sujet et attribut du sujet, et à la détermi­nation naïve et primaire d'un objet, à l'expression d'une pensée, d'un sentiment ;

-         une procédure d'étude des accointances phoniques :

1.            choisir la réalité à étudier ;

2.            déterminer les langues pour lesquelles l’on veut établir l'existence ou non d'une accointance phonique ;

3.            traduire sur un tableau la forme orthographique du mot et sa forme sonore. Cette dernière forme est capitale pour l'étude car " l'ortho­graphe d'un mot ne correspond pas ( toujours) à sa prononciation Il (A. Pagès et J. Pagès-Pindou);

4.            tenir compte de la classe du mot dont on étudie le nombre de sylla­bes sonores   (ou "degrés-phoniques) dans les différentes langues ; car traditionnellement, en linguistique, on classe les mots en deux  grands groupes :

a)            le groupe des mots variables : les noms, les articles, les adjectifs, les pronoms et les verbes;

b)           le groupe des mots invariables : les adverbes, les prépositions, les conjugaisons.

 

Cette distinction affecte l'étude des accointances phoniques, outre la démarche énoncée ci-dessus :

-         les mots invariables sont étudiés tel quel: on a ,d'un côté, la réalité à étudier ; et de l'autre, les langues pour lesquelles on veut établir l'existence ou non d'une accointance phonique :

Exemple : Réalité : appellation du nombre "deux "

       Langues : Français, Russe, Chinois, Turc, Lari, Lingala, Japonais.

Français         : deux (dø)                 : 1SS

Russe             : два (dva)                 : 1SS

 Chinois          : liǎng  (ljαg)       : 1SS

Turc                : iki (iki )                   : 2SS

Lari                 : biole (bjole)                       : 2SS

Lingala           : mibalé (mibale)      : 3SS

Japonais         : futatsu (futatzu)      : 3SS

 

Conclusion : il y a une accointance phonique, d'une part, entre le français, le russe et le chinois; entre le lari et le turc; d'autre part, entre le lingala et le japonais.

-                     Par contre l'étude des accointances phoniques des mots variables est très subtile ; elle varie avec le groupe auquel appartient le mot. L’étu­de des mots-verbes est différente de celle des autres mots ( noms, les pronoms ,etc.). Cette différence est due au fait que les mots (qui sont des) verbes existent sous plusieurs formes : d’abord à l'infinitif, qui est leur nature intrinsèque, puis sous les diverses formes conjuguées. Pour cette raison, ils ont fait l'objet d'une étude spéciale.

Les autres mots : les noms, les pronoms, les adjectifs, sont étu­diés à la fois au singulier et au pluriel. Aux mots-noms l'on doit adjoindre, lors de l’étude, les particules de singularité et de plurali­té. Car il existe presque dans toutes les langues quelque chose soit liée au mot-nom ou dissociée du mot-nom qui marque le singulier ou le pluriel : ce sont les classes pour les langues négro-africaines, les articles pour les langues romanes et autres, et les déclinaisons pour les autres langues :

 

Exemples :

-         Français : le livre (l∂livr) / les livres (1εlivr)

     Russe : Kнига (kniga) / Kниги (knigi)

    Anglais : the book (ð∂buk) / the books (ð∂buks)

-         Français :  la chaussure (laosyr)/ les chaussures(1ε∫osyr)

 Kituba : dipapa ( dipapa) / mapapa (mapapa)

 

Cette façon de traiter les mots(qui sont des )noms non pas qu’elle nous

a permis de déterminer l'invariant du mot-nom au singulier et au pluriel, et qu'on appelle « mot » dans les langues avec articles, mais de trouver :

a)      de quelle manière certains mots français ont été dérivés du latin ou du grec :

exemple : tãplym / tãpla /

                  l∂tãpl /1εtãpl 

L'abandon de la déclinaison pour les articles donne le mot français : temple ;

 

b)     ce que sont réellement les mots-noms des langues à classe et à décli­naison comparativement aux langues avec articles :

Exemples :

Français/russe.

lamẽ /pyka

lεmẽ /pyku

L'invariant français est : mẽ (main) ; et l'invariant russe est : pyk. Aussi par comparaison : le mot français main = pyk et non " pyka " comme nous le lisons dans les dictionnaire

 

Lingala/Français.

Lafam /mכasi

Lεfam /baasi 

nous voyons que le mot lingala correspondant au mot français "femme " est "asi" et non moasi.

Latin/Français

l∂djØ/deus

lεdjØ/dei

Ainsi le mot français " dieu " a pour équivalent latin " de ".

 

L'adoption de ce canevas de travail nous a permis d'arriver aux résultats des problèmes soulevés par l'étude :

-         nature et  qualité des accointances phoniques,

-         structure et rapport d'accognition,

-         structure planétaire,

et de constater l'existence d'une égalité de l'économie de syllabes sonores des mots, bien que différents d’une langue à une autre, qui désignent ou expriment une et même réalité entre deux ou plusieurs langues.

l -  NATURE ET QUALITE DES ACCOINTANCES PHONIQUES.

 

A - NATURE DES ACCOINTANCES PHONIQUES :

En se fondant sur la conception du langage traduit par les Pagès, conception selon laquelle : "le langage est une réalité complexe, dont l'existence est à la fois orale et écrite. Connaître cette réalité, com­me les différences qui séparent l'oral et l'écrit implique que l'on commence par réfléchir sur le MOT, structure multiforme qui :

-         se décompose en unité de niveau inférieur: les phonèmes

-         s'intègre à une unité de niveau supérieur : la phrase"

 

Il s'ensuit que l'étude des accointances phoniques se fait à deux niveaux différents : 

-         au niveau des mots pris isolément, ou niveau inférieur ;

-         au niveau des suites des mots, ou niveau supérieur

 

Si à chaque niveau correspond un type d'accointance, il se déduit qu'il existe deux "types" d'accointances phoniques :

1) l'accointance morphématique (ou accointance au niveau des mots pris isolément ) :

 

Exemples: mots" dans " et" oui "

-         Français : dans (1SS) ; Anglais : in (1SS) ; Russe : в (1SS) ; Lari : mu (1SS) ; Lingala : na (1SS) ; Espagnol : en (1SS) ; Chinois : lǐ (1SS) ; Kituba : na (1SS)

 

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Par MIENAHATA Romain Pierre
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