PREMIERE PARTIE
LA MUTTUMOLOGIE :
ETUDE DESCRIPTIVE ET ANALYTIQUE DES RELATIONS,
FORMES ET STRUCTURES DES MOTS DES
LANGUES HUMAINES
Note de Présentation Succincte
Revue, Corrigée et Augmentée
Par Romain Pierre MIENAHATA
Savant et Chercheur congolais
BRAZZAVILLE
MAI 2001
Contact : B.P. 1838 Portable : 536.77.73
E-mail : mienahata_rp@
yahoo.fr
Web site
perso :http//ergosum.over-blog.com
Congo – Brazzaville
Tous droits réservés. B.C.D.A. le 18. 02. 2002
INTRODUCTION
Le nombre et le mot, respectivement être mathématique et être linguistique, sont deux produits élaborés de
l’esprit de l’homme.
Le premier est étudié depuis l’antiquité, pour lui-même et par lui-même. La somme des études qui lui sont
consacrées constitue la théorie des nombres.
Le second n’est pas encore, comme il en est du nombre, décrit et analysé par lui-même et pour lui-même, en
dehors des études sur la langue et le langage dont il est le support fondamental.
C’est cette étude que consacre la muttumologie en étudiant, par emprunt des techniques descriptives du
nombre, le fait « mot ».
La muttumologie, du latin : muttum « mot » et du grec logos : « discours » est un discours sur les mots, une Science et somme
de techniques qui décrivent et analysent le fait « mot » sous ses aspects de relations, formes géométriques équivalentes, structure mathématique de développement en plusieurs autres
mots et structure morphologique suivant la composition des mots.
L’étude du « mot » par lui-même et pour lui-même, par analogie aux techniques descriptives des nombres, est fondée sur quatre
principes :
Ø Le mot est
anagrammable ;
Ø Le mot est
figurable, c’est-à-dire qu’il a des équivalents géométriques ;
Ø Le mot est
développable, qu’on peut le traduire en équation mathématique suivant les catégories des mots générés ;
Ø Le mot est dis
sécable, c’est-à-dire qu’il peut être divisé en autant de parties qu’il a des mots indépendants et doués de sens non divisible.
Chaque principe consacre une branche de l’étude du mot :
L’Anagrammatique : études relations des mots des langues humaines et leurs variations.
La Figuratique : étude de la nature des équivalents des figures géométriques des mots des langues humaines, leurs variation et la classification des homonymes, synonymes, paronymes, antonymes et anagrammes.
La Développematique : étude des structures mathématique des logogriphes des mots de langues humaines et
leurs variations.
La Formatique : étude des structures
morphologiques des mots des langues humaines en tant que composés des catégories des mots indépendants et doués de sens.
Si est « Science toute étude qui a son objet et ses concepts » (Mme Pereira), la muttumologie est
une Science par son objet : le mot, qu’aucune autre science n’étudie dans son identité avec le nombre, et par ses concepts. Elle est une Science descriptive par ses méthodes de collecte des
données. Elle est analytique par ses méthodes d’exposition des faits.
L’étude appelle une définition du concept « mot » pour laquelle l’étude a un sens et un niveau d’analyse dans lequel elle se réalise.
La définition du concept « mot » que nous considérons est celle inspirée par les études de
Aurélien Sauvageot :
- Est mot ce qui s’écrit d’un
seul tenant ;
- Est mot un ensemble de
formes associées en une sorte de système plus ou moins complexe (voir, vu, vois, voit, etc…)
La deuxième définition est entraînée par la qualité des mots qui sont des verbes. Les verbes existent
sous-deux formes : la forme infinitive qui est leur nature intrinsèque et sous les diverses formes conjugués selon le temps, le mode, la personne.
Le plan d’analyse est le plan synchronique, là où les phénomènes linguistiques sont étudiés au moment où ils
se produisent, sans vouloir exclure le plan diachronique qui entraîne une étude suivant l’axe historique.
Le mot existe sous deux formes linguistiques : la forme orthographique et la forme phonologique. La
muttumologie analyse le mot sous la forme orthographique.
La linguistique est une Science complexe. A la linguistique générale existent des linguistiques suivant les langues ou les groupes de langues étudiées. Ce
qui sous-entend que le linguiste n’a pour limite dans son travail que sa compétence dans une langue ou groupe de langues. Aussi, pour consacrer la muttumologie comme « théorie
universelle » applicable aux langues et aux universaux du langage selon le vœu de Monsieur Guy Millereux ancien conseiller culturel à l’ambassade
de France au Congo, des exemples sont pris dans des langues autres que le français. Cependant, ma compétence se limite à la langue française. D’où l’invite aux chercheurs ayant des compétences
dans d’autres langues d’y approfondir ce discours. L’étude comparée qui en résultera ne manquera pas d’intérêt pour la Science.
L’originalité de la muttumologie se trouve dans le fait qu’elle
est l’unique étude du fait « mot » par lui-même, pour lui-même en vue de le connaître et non pour comprendre le langage humain ou étudier le fonctionnement des langues humaines. Elle
s’intéresse au mot, comme hyppocrate « aimait mieux traiter le malade que de se préoccuper du démon qui l’habitait » (I. Asimov).
La muttumologie est une branche de la linguistique par son objet et ses buts. Elle est une Science pure, aucunement contaminée, par conséquents, par le souci
de rentabilité. Cependant, plusieurs application sont liées à l’étude du mot telle qu’ici consacrée :
- donner la preuve
Scientifique d’une faute d’orthographe ;
- donner la preuve
Scientifique de la différence d’un mot au singulier d’avec son pluriel, d’un mot au masculin d’avec son féminin.
Le plus grand intérêt de la muttumologie est d’avoir permis l’exploration de l’univers des mots, comme les
mathématiciens, explorent celui du nombre ; d’avoir montré que le « mot » est aussi un être susceptible de manipulation au même titre
que les êtres biologiques ou physiques ; d’avoir ouvert le champ d’analyse des homonymes, synonymes, paronymes, antonymes et anagrammes.
L’intérêt pour la philosophie s’en dégage par le fait de la possible connaissance de l’univers des êtres immatériels à travers leurs équivalents
matériels.
La première note de présentation succincte, diffusée depuis 1995, a laissé les impressions
suivantes :
- Le Ministre J.B. TATY
LOUTARD : « C’est une belle théorie qui aura des conséquences en sémantique et en critique littéraire » ;
- Le Prof. D. NGOÏE
–NGALLA : « C’est très calé » ;
- Le Prof. J.P.
MAKOUTA-MBOUKOU : « C’est une théorie passionnante, intéresses-y- l’Université de Brazzaville » ;
- Monsieur Guy
MILLEREUX : « Cette Science naissante et le métalangue utilisé m’ont fortement impressionnés ».
Des copies de la première mouture existent, entre autres, à :
- National Academy of America, Washington, USA ;
- Académie Suédoise, Uppsala,
Suède;
- Collège de France, (Prof.
Cl. HAGEGE), Paris, France ;
- L’Université Paris VII
(Prof. Cl. MILNER), Paris, France ;
- Ecole des Hautes Etude en
Science Sociale, Paris, France ;
- Harvard University,
Department of Linguistics, Cambridge, USA;
- M.I.T, (Prof. O’NEILL Wayne), Cambridge, USA
- L’Université Marien
NGOUABI, Brazzaville – Congo
- L’Université de Kinshasa,
département de Langues, Kinshasa R.D.C.
I- L’ANAGRAMMATIQUE
L’anagrammatique est l’étude des relations des mots dans une langue à travers la méthode linguistique de
formation des mots : l’anagramme.
L’anagramme (1571, Belleau) emprunté au grec de basse époque, anagramma qui signifie littéralement
« renversement des lettres » est définie par Bernard Pottier comme « mot formé avec l’ensemble des lettres d’un autre mot, ordonnées différemment. » Ainsi rime est une
anagramme de mire.
Les relations qu’entretiennent les mots dans une langue à travers l’anagramme sont de plusieurs ordres et
dépendent de la qualité des mots : anagrammable et non-anagrammable.
A-/ LES MOTS ANANAGRAMMABLES :
Les mots ananagrammables n’entretiennent des relations qu’avec eux-mêmes. Ces relations sont réflexives.
Elles sont de trois ordres :
a) Relation d’idempotence : elle se
rencontre chez des mots qui se répètent à l’identique : Dogon : àna, ćdc, εg ε ; Woloof : ana, oto, nan ; Lingala ; awa, soso, nini ;
Chinois : nàn, nǎn, nán ; Français : ici, chercher ; Anglais :
gag, bob ; Russe : uΛu zaza, δoδ ;
Kikongo : kwá-kua ; Swahili : buibui ; Lari :
fufu
b) Relation de nilpotence : elle est
définie au niveau des mots qui sont parfaitement non-anagrammables, des mots qui n’offrent aucune possibilité d’anagrammation : Dogon : á, ù, ć, ε ; Russe : u, a, y ; Français : à ; Chinois : á, ă,
à ; Lingala : ε ;
Anglais : I.
c) Relation d’involution : elle est
développé par des mots qui ont pour anagrammes des mots qui n’appartiennent pas à la langue : Dogon : ãi ↔ iã, íe ↔ eí, dō ↔ ōd ; Anglais :job ↔ boj ; Français : Dans↔Sand ; Woloof : ápp, ji, it, dee ; Russe : ,Юp,
Юz ; Chinois : ái, ài, chì, chί ; Lingala : yé, yǒ ; Kikongo : bà, bâ, nà.
B-/ LES MOTS ANAGRAMMABLES :
Les mots anagrammables entretiennent des relations avec d’autres mots de la langue autres qu’eux-mêmes. Ces
relations sont symétriques et transitives. Elles sont de quatre ordres :
a) Relation d’amicalité parfaite : les mots
anagrammes l’un-l’autre ont le même nombre de syllabes graphiques :
Kikongo : náka-kàna, kitàka-kikáta ; Kwasika-Kwakisa ; Russe : buHó - obuH, δaHka,
kaδaH; Dogon : áy-yá, m n , n m , dógo-gódo; Allemand : matte-attem, Hobel-bhle ; Lingala : εl k -εk
l ,mobali-moliba ; Woloof : aj-ja, as-sa, sob-bos ; Chinois : ǎn-nǎ, qìmù-mùqì, àn-nà ; Laari : kuyala-lukaya,
makaya-mayaka ; Français : rime-mire, rame-mare, arme-amer ; Anglais : lamp-palm, meat-team, dear-dare-rade.
b) Relation d’amicalité abondante : le mot
anagramme a plus de syllabes graphiques : Français : maure (2) – amure (3), cadeau (2) – audace (3) ; Latin : miccĭo (2) – cimĭco (3) ; Allemand : geil - igel ;
Wollof : waar (1) – araw (2) ; Anglais : raid-arid, raise-arise ; Russe : boùH - buHó
c) Relation d’amicalité déficiente : le mot
anagramme a moins de syllabe graphiques : Français : aube (2) – beau (1) ; pure-peur ; Russe : вuHó-вoứH, oδu-δoù ; Allemand : igel-geil ; Anglais : arise-raise, arid-raid ; Woloof :
araw-waar.
d) Relation d’homéomorphie : le mot
anagrammé éclate et engendre un ensemble des mots ayant un sens. Le mot se transforme en phrase : Russe : okpyжumb (entourer) жypumb-kok (sermonner le cuisiniers)
Dogon : dábala - bala-dá, lόgodo - dolό-go Kikoongo : kwina – na-kwi ; Lingala : nkόna - na-nkό ; Woloof : foqati- at-foqi ; ввAnglais : body - do-by, cattle - let-cat, catcall - call-cat.
Les mots peuvent être en relation avec plus d’un mot. Ils forment une suite d’anagrammes.
- Si tous les mots de la suite ont le même nombre de syllabes graphiques, c’est-à-dire qu’ils appartiennent
à la même famille de relations la suite est dite endomorphe. Exemples :
nacre (2) – ancre (2) – rance (2) – crâne (2)
mukatu (3) – makutu (3) - kutuma (3)
opt (1) – top (1) – pot (1)
- Si tous les mots de la suite n’ont pas le même nombre de syllabes graphiques, c’est-à-dire si les mots de la suite appartiennent à plusieurs familles de
relations : la suite est dite exomorphe. Exemples :
aride (3) – raide (2) – aider (2) ;
arise (2) – aries (2) – raise (1)
- Si le nombre de syllabes graphiques d’un mot dont l’anagramme est un ensemble des mots est égal au nombre de syllabes graphiques de cet ensemble : la
transformation est dite isomorphe.
Exemples : mayama (3) – ma-maya (3); body (2) - do-by (2); Kwina (2) – na-kwi (2); Okpyжumb (3) – жypumb –
kok (3).
Au cours de l’anagrammation des mots en vue de déterminer la nature des relations qu’ils entretiennent, une
(des) lettre(s) peut (peuvent) être abandonnée(s), substituée(s), dupliquée(s) ou ajoutée(s).
Ces lettres sont dites :
méromorphe : Ladle-dale (l), ballet-table (l) rëbb-bër (r) , arrimage-mariage (r ) .
vice-morphe : neige-génie (é≈e), grèce-gerce (e≈è) chambre-branche (m≈m), rës-sér (é≈ë).
duplicata-littera : lag-gall, law-wall, marge-gramme ;
pagre-grappe, gering-reigen, table-ballet
admorphe: δeΛόk-koδeΛb, kΛuka-kuΛbka, Чëm meЧb.
Si « le propre de toute science est de faire des découvertes » (E. Durkhein), nous avons découvert en
étudiant la nature des relations des mots dans une langue, que les mots peuvent tirer leur signification de leurs anagrammes. C’est une découverte
subsidiaire certes, mais qui ne manquera pas d’avoir « des conséquences en sémantique » (J.B. TATY LOUTARD).
En effet, qu’est-ce que nier ? sinon que dire rien : nier-rien ; le résumé d’un texte n’est que sa mesure : résumé-mesuré ; on aime
une amie : amie – aime et le maire, marie ceux qui s’aiment : maire – aimer – marie. Ainsi les idées de refus, de mesure, d’amour et de mariage que portent chacun des mots respectifs
sont exprimés par leurs anagrammes. Il n’en va pas autrement dans d’autres langues :
Laari : makutu (les oreilles) – kutuma (diriger) : diriger c’est savoir écouter
Kikaku (barrière) – kukika (protéger) : protéger c’est ériger une barrière
Anglais : team (attelage) – mate (marier) : marier c’est lier .
Woloof : araw – waar ; araw : rouler la farine
de mil en petites boulettes en vue d’en faire une bouillie : idée de patience.
waar : prêcher (ce qui demande aussi de la patience)
Dogon : vàgala (réticent) – gà :! Vàla (grande paresse).
En outre, le contraire d’un mot peut-être exprimé par son anagramme : dog (chien) - god (dieu) ; mbinza (se renfrogner) nzambi (dieu).
Le contraire de la bonté divine est exprimé par la anagrammes des mots qui signifient « dieu » en anglais et en Laari.
Ce sont des curiosités qui restent à approfondir pour en dégager leur constance.
C-/ LA VARIATION DES RELATIONS :
La nature des relations entretenues par les mots au sein d’une langue est susceptible de modification quand
les mots passent du singulier au pluriel ou du masculin au féminin.
Le changement du genre ou du nombre, qui modifie la capacité d’anagrammation des mots, conséquence de
l’ajout ou de la substitution aux mots des particules de pluralisation ou de féminisation, entraîne :
a) La
génération de relation : le mot passe de la situation de non-anagrammation à celle d’anagrammation, d’où la naissance d’une relation :
Sing : gin - Ø; pin - Ø ; masc : doux – Ø
Plur: gins – sing; pins – spin ; fém: douce-coude
b) L’annulation de relation: le mot qui était anagrammable cesse de l’être :
Sing : ordre –
dorer ; Lubu - bulu ; masc : pair – pari
Plur : ordres
- Ø; mbu – Ø ; fem : paire – Ø
c) L’annulation – génération de relation :
la pluralisation annule une anagramme pour générer une autre :
Sing : direct – dicter ; port – trop
Plur : directs –
Ø; discret ; ports - Ø sport
d) Le non changement de relation :
l’anagramme du mot demeure la même, malgré le
changement du genre ou du nombre :
Sing : pur - Ø; rage- gare ; ndabu – nduba
Plur : purs - Ø; rages – gares; zindabu –
zinduba
e) La réduction de la suite d’anagrammes :
une anagramme s’éteint dans la suite d’anagrammes :
Sing : chantre – tranche –
chanter
Plur : chantres – tranches
– Ø
f) L’annulation – génération
substitution de relation : les anagrammes sont remplacés par d’autres, cependant de la même catégorie :
Sing : mukatu – kutuma (verbe
– makutu (nom) Sing: Ronde – donner (verbe)
Plur : mikatu – kutima (verbe) – makuti
(nom) Plur : Rondes – sonder
(verbe)
g) L’extension de la relation: des anagrammes naissent et s’ajoutent aux premières pour générer une suite d’anagrammes :
Sing : tiret –
titre ;
angle- lange
Plur : tirets – titres –
triste ; angles – langes – sangle
Masc : pur – Ø
Fém : pure – peur – pure S
super
La variation des relations entre les mots anagrammes l’un-l’autre montre la capacité contributive des particules de pluralisation ou de féminisation à la formation des mots.
II- LA FIGURATIQUE
La figuratique est l’étude des équivalents des figures géométriques des mots des langues humaines. Comme les
nombres qui s’identifient à l’espace et sont liés aux figures géométriques dont le nombre 1 est un point, 2 une droite, 3 un plan, 4 un volume ; les mots s’identifient aussi aux figures
géométriques dont :
Ø